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    Communes sans fibre optique en France : l’état du déploiement

    La France compte 45 073 653 locaux recensés par l’ARCEP, dont 42 277 843 raccordables à la fibre optique jusqu’à l’abonné, soit 93,8 % du parc au 31 mars 2026. À l’autre bout, 598 communes affichent une couverture nulle, dont quinze que nous jugeons non publiables en l’état. Ce guide détaille où se trouvent ces territoires, quelles technologies y servent de repli, et pourquoi un taux affiché à 0 % doit être recoupé avant d’être repris.

    La réponse directe

    L’ARCEP publie chaque trimestre, dans son jeu de données « Ma connexion internet », la meilleure technologie disponible pour chacune des 34 877 communes du référentiel [1]. Chaque local y est rangé dans une seule catégorie, celle de son meilleur accès : un logement éligible à la fois au cuivre et à la fibre est compté en fibre, jamais deux fois.

    Sept communes du fichier ne comptent aucun local recensé. Les décomptes qui suivent portent donc sur les 34 870 communes comptant au moins un local. Parmi elles, 2 315 sont intégralement fibrées, au sens strict où la totalité de leurs locaux est raccordable. En retenant un seuil de 99,9 %, qui tolère quelques adresses non desservies, elles sont 2 370. À l’inverse, 598 communes n’ont aucun local éligible.

    Ces dernières sont massivement de petite taille : 513 comptent moins de 500 locaux, et 151 moins de 100. La commune sans fibre est, dans la très grande majorité des cas, un village. Les exceptions apparentes méritent un examen à part, détaillé plus bas.

    Les 2 003 locaux sans aucun haut débit

    Le jeu de données distingue le parc total d’une commune du nombre de locaux éligibles à au moins 8 Mbit/s. L’écart entre les deux est la seule mesure directe de la zone blanche réelle : 2 003 locaux répartis sur 92 communes n’ont accès à aucune technologie atteignant 8 Mbit/s, fibre, câble, cuivre, 4G fixe et satellite confondus.

    Le chiffre est minuscule à l’échelle nationale, 0,004 % du parc, mais c’est le seul qui décrive une privation d’accès plutôt qu’un simple retard de fibre. Il explique aussi un écart que le lecteur attentif rencontrerait en additionnant les technologies de repli listées plus bas : leur somme vaut 2 793 807 locaux, contre 2 795 810 locaux non éligibles à la fibre. La différence, exactement 2 003, correspond à ces adresses sans solution.

    Cette lecture n’est possible que parce que les catégories du fichier sont exclusives entre elles. Elles s’additionnent pour reconstituer le nombre de locaux éligibles à 8 Mbit/s ou plus, non le parc total.

    Les départements les moins fibrés

    Taux de locaux raccordables en FTTH, recalculé sur l’ensemble du parc départemental et non sur le nombre de communes :

    RangDépartementTaux FTTHLocaux
    1Mayotte (976)9,1 %61 740
    2Saint-Martin (978)64,7 %24 986
    3Martinique (972)71,0 %299 046
    4Cantal (15)80,9 %121 049
    5Haute-Savoie (74)81,1 %668 324
    6Guyane (973)81,2 %120 409
    7Haute-Loire (43)81,4 %178 212
    8Côtes-d’Armor (22)82,0 %484 422
    9Ardèche (07)83,2 %253 905
    10Allier (03)83,3 %248 003

    Mayotte est un cas isolé, sans commune mesure avec le reste du territoire. Le point le plus contre-intuitif du classement est la Haute-Savoie : cinquième département le moins fibré de France, sur un parc de 668 324 locaux, soit de loin le plus gros volume de ce bas de tableau. Le relief et la dispersion de l’habitat y pèsent davantage que le niveau de richesse, ce qui contredit la lecture habituelle d’une fracture numérique calquée sur la pauvreté.

    Les départements les mieux couverts

    En tête, l’Oise atteint 97,92 %, devant la Loire (97,82 %), le Pas-de-Calais (97,81 %), le Val-d’Oise (97,62 %) et l’Aisne (97,52 %). Les Hauts-de-Seine ne viennent qu’en sixième position avec 97,45 %.

    La composition de ce haut de classement mérite d’être relevée : trois des cinq premiers départements, l’Oise, le Pas-de-Calais et l’Aisne, sont des territoires du nord et de la Picardie plutôt modestes, et non des départements urbains riches. Le fichier ne contient ni zonage de déploiement ni calendrier : il permet de constater cet ordre, pas de l’expliquer.

    Ce que « 0 % de fibre » veut dire

    Un taux nul mérite vérification avant toute conclusion. Sur les 598 communes concernées, 21 sont métropolitaines et comptent au moins 1 000 locaux. Elles se répartissent en deux groupes qu’il faut traiter séparément.

    Quinze forment un bloc géographique en Meurthe-et-Moselle et en Moselle, dans le bassin sidérurgique : Val de Briey (5 986 locaux), Amnéville (5 932), Hagondange (5 288), Rombas (5 114), Talange (4 211), Mont-Saint-Martin (4 072) et Jœuf (3 796) en sont les plus peuplées. Une couverture nulle sur des communes de cette taille, toutes voisines et toutes déclarées ainsi le même trimestre, ne décrit pas un terrain : elle décrit une déclaration d’opérateur absente du millésime. Nous marquons ces lignes comme non fiables et prévoyons de les exclure de tout classement publié.

    Les six autres relèvent d’un cas différent : Trélévern (22, 1 266 locaux), Sainte-Croix-aux-Mines (68, 1 222), Perrignier (74, 1 215), Ouessant (29, 1 114), Sixt-Fer-à-Cheval (74, 1 090) et Augan (56, 1 041). Île, fonds de vallée vosgien, communes de montagne : l’absence de fibre y est plausible, et rien dans les données ne permet de la mettre en doute. Les ranger avec les précédentes serait une erreur symétrique de celle qu’on cherche à éviter.

    La règle qui en découle vaut pour tout usage : un taux communal isolé se recoupe avec le test d’éligibilité officiel avant publication ou décision d’investissement.

    Les technologies de repli

    Pour les 2 795 810 locaux non éligibles à la fibre, la meilleure technologie disponible se répartit ainsi :

    • 4G fixe : 2 051 578 locaux, soit 4,55 % du parc national. C’est de loin le premier substitut, et sa qualité réelle dépend de la charge du réseau mobile local.
    • Cuivre à 30 Mbit/s ou plus : 374 899 locaux (0,83 %), correspondant aux lignes VDSL2 courtes.
    • Câble coaxial : 331 228 locaux (0,73 %), héritage des réseaux câblés urbains.
    • Satellite : 35 997 locaux (0,08 %), solution de dernier recours en zone blanche.
    • Cuivre entre 8 et 30 Mbit/s : 105 locaux seulement sur tout le territoire.

    Les deux catégories radio du fichier, très haut débit radio et haut débit radio, sont vides au national sur ce millésime. Le repli s’est donc concentré presque entièrement sur la 4G fixe, alors que le cuivre lent a quasiment disparu des meilleures technologies disponibles.

    Vérifier pour une commune donnée

    Trois précautions suffisent à éviter les contresens les plus courants. D’abord, un taux communal est une proportion de locaux, jamais une garantie à une adresse : une commune à 95 % laisse des logements non raccordables. Ensuite, la publication est trimestrielle et reflète des déclarations d’opérateurs à une date d’arrêté. Enfin, un taux extrême, à 0 % comme à 100 %, se vérifie systématiquement.

    Pour situer une commune dans son département sur d’autres indicateurs, les classements DataRespublica donnent le rang sur la dette, la fiscalité ou les prix immobiliers. Notre guide sur les communes les plus endettées de France détaille la même méthode de lecture appliquée aux finances locales.

    Questions fréquentes

    Comment savoir si ma commune est éligible à la fibre ?

    Le test d’éligibilité officiel de l’ARCEP, effectué à l’adresse exacte, fait foi. Les données communales décrivent une proportion de locaux couverts, pas une garantie individuelle.

    Pourquoi un département riche comme la Haute-Savoie est-il mal classé ?

    Le coût de raccordement dépend surtout de la topographie et de la dispersion de l’habitat. En zone de montagne, le génie civil par prise est nettement plus élevé qu’en plaine, ce qui ralentit le déploiement indépendamment du revenu des habitants.

    Les chiffres ARCEP sont-ils actualisés en temps réel ?

    Non, la publication est trimestrielle et reflète les déclarations des opérateurs à la date d’arrêté. Un raccordement effectué après cette date n’apparaît qu’au millésime suivant.

    Que signifie « meilleure technologie » dans ce jeu de données ?

    Chaque local est affecté à la technologie la plus performante à laquelle il est éligible. Les colonnes sont exclusives, ce qui permet de les additionner pour reconstituer le nombre de locaux éligibles à 8 Mbit/s ou plus, mais interdit de lire le chiffre du cuivre comme le nombre total de lignes cuivre existantes.

    Pourquoi écarter quinze communes du décompte des zones sans fibre ?

    Ces quinze communes forment un bloc contigu en Lorraine, toutes déclarées à 0 % le même trimestre, ce qui pointe une déclaration manquante plutôt qu’une réalité de terrain. Six autres communes métropolitaines de taille comparable, insulaires ou de montagne, restent plausibles : elles ne sont pas écartées.

    Références

    1. ARCEP, Ma connexion internet (jeu « meilleure technologie THD par commune »)
    2. Jeux de données ARCEP sur data.gouv.fr
    3. INSEE, code officiel géographique (référentiel des codes communes)

    Calculs DataRespublica sur le jeu ARCEP « commune_meilleure_techno_thd », millésime du 31 mars 2026, 34 877 communes dont 34 870 comptant au moins un local. Les taux départementaux sont recalculés sur le parc de locaux. Les quinze communes du bloc lorrain sont marquées comme non fiables dans notre base et seront exclues de tout classement publié. Cette page décrit un millésime unique et ne mesure aucune évolution dans le temps.

    Utiliser ces données dans vos outils

    Pour la méthode détaillée par secteur, voir notre hub Intelligence Territoriale. L'API DataRespublica fournit les scores et données pour les 35 000 communes.

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