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    Élections municipales 2026 : résultats, participation et démocratie communale

    Le 15 mars 2026, 35 017 communes ont voté au premier tour des élections municipales. La participation nationale s’établit à 57,13 % dans nos calculs, un chiffre qui masque quinze points d’écart entre les plus petites communes et les villes moyennes. Ce guide part de nos calculs sur l’intégralité des résultats communaux, croisés avec la population de chaque commune, pour dire ce que le scrutin de 2026 révèle vraiment de la démocratie locale.

    Les chiffres du scrutin de 2026

    Les élections municipales de 2026 se sont tenues les 15 et 22 mars. Nos données couvrent 35 017 communes au premier tour et 1 588 au second, pour un total de 49 959 listes enregistrées.

    Trois chiffres résument le scrutin, tous recalculés sur l’ensemble des communes :

    • 57,13 % de participation au premier tour, pour 51 965 095 inscrits et 29 686 052 votants.
    • 57,43 % au second tour, dans les 1 588 communes qui y sont allées. Contrairement à une idée reçue tenace, la mobilisation ne s’effondre pas entre les deux dimanches.
    • 67,89 % des communes n’avaient qu’une seule liste au premier tour, soit 23 679 communes sur 34 880.

    Ce dernier chiffre est le plus important de ce guide, et le moins commenté dans l’analyse du scrutin. Il structure les trois sections suivantes.

    Comment nous calculons la participation

    Un point de méthode, parce qu’il change les résultats. La participation nationale se calcule en divisant le total des votants par le total des inscrits, jamais en faisant la moyenne des taux communaux. La différence n’est pas cosmétique : une moyenne des taux donnerait le même poids à une commune de 49 habitants et à Marseille, et gonflerait mécaniquement le résultat national, puisque les petites communes votent davantage. Toutes les moyennes de ce guide, nationales comme par strate, sont pondérées par le nombre d’inscrits.

    Deux vérifications externes confortent nos calculs. Notre participation nationale au premier tour, 57,13 %, coïncide avec les 57,1 % publiés par le ministère de l’Intérieur [1]. Notre décompte de 49 959 listes est cohérent à 1 % près avec les 50 478 listes annoncées, écart attribuable aux 25 communes dont les listes manquent dans notre jeu et aux différences de périmètre. Deux sources indépendantes qui convergent sur des chiffres construits différemment, c’est le meilleur contrôle disponible.

    La participation par taille de commune

    La moyenne nationale de 57,13 % ne décrit aucune commune réelle. Découpée par taille, elle révèle une pente régulière : plus une commune est peuplée, moins on y vote.

    Taille de la communeCommunesParticipation 1er tourPart allée au 2nd tour
    moins de 500 hab.18 22766,45 %0,60 %
    500 à 999 hab.6 58262,06 %1,44 %
    1 000 à 3 499 hab.6 81359,71 %5,89 %
    3 500 à 9 999 hab.2 20257,69 %20,66 %
    10 000 à 29 999 hab.77054,43 %39,74 %
    30 000 à 99 999 hab.24451,47 %59,02 %
    100 000 hab. et plus4254,83 %90,48 %

    Entre les communes de moins de 500 habitants (66,45 %) et celles de 30 000 à 99 999 habitants (51,47 %), l’écart atteint près de quinze points. C’est considérable : à ce niveau, on ne décrit plus des nuances locales mais deux rapports différents au vote municipal.

    L’explication tient d’abord à la proximité. Dans une commune de 300 habitants, l’électeur connaît personnellement les candidats, mesure directement l’effet des décisions du conseil sur sa rue, son école, son terrain constructible. Le vote municipal y est un acte de voisinage autant que de citoyenneté. Dans une ville de 50 000 habitants, le maire est une figure plus lointaine, l’action municipale se dilue dans des politiques sectorielles, et le scrutin entre en concurrence avec les élections nationales dans l’attention des électeurs.

    La taille joue aussi sur la composition sociale. Les grandes agglomérations concentrent les populations les plus jeunes, les plus mobiles et les plus récemment installées, trois caractéristiques associées à une moindre participation électorale, indépendamment du scrutin considéré.

    Ce gradient n’est pas propre aux municipales, mais il y est deux fois plus marqué. À la présidentielle 2022, la participation médiane communale passe de 79,95 % dans les communes de 500 à 1 999 habitants à 72,48 % au-dessus de 50 000 habitants, soit environ sept points d’écart, contre quinze ici. L’effet de proximité joue donc dans les deux scrutins, mais il pèse bien plus lourd quand l’élection porte sur la commune elle-même.

    Une précaution avant de rapprocher les deux séries : elles ne se soustraient pas. Nos chiffres municipaux sont des taux nationaux pondérés par les inscrits, calculés sur l’ensemble des communes. Ceux de la présidentielle sont des médianes communales, calculées sur les 16 460 communes de 500 habitants et plus. Comparer les niveaux bruts d’une série à l’autre n’a pas de sens ; comparer les pentes en a un. Le détail figure dans notre analyse de la participation et de l’abstention par commune à la présidentielle 2022.

    L’exception des grandes villes

    La pente s’interrompt au sommet. Les 42 communes de 100 000 habitants et plus remontent à 54,83 %, soit plus de trois points au-dessus de la strate immédiatement inférieure. La régularité du gradient s’arrête donc précisément là où l’on pourrait attendre son point le plus bas.

    Deux facteurs plausibles. D’une part, ces scrutins sont les plus disputés du pays et les plus médiatisés, ce qui mobilise. D’autre part, ils opposent des équipes structurées, avec des moyens de campagne sans commune mesure avec ceux d’une ville moyenne.

    Prudence toutefois : cette strate ne compte que 42 communes. Une poignée de scrutins très serrés dans les plus grandes villes suffit à déplacer la moyenne de plusieurs points. Nous signalons la rupture parce qu’elle est nette, sans en faire une loi générale.

    Le paradoxe apparent de la concurrence

    Voici le constat que nos données permettent et que l’analyse du scrutin a largement manqué : dans 67,89 % des communes françaises, une seule liste se présentait au premier tour.

    Et cette proportion suit exactement l’inverse de la participation.

    Taille de la communeCommunes à liste uniqueNombre moyen de listes
    moins de 500 hab.81,85 %1,19
    500 à 999 hab.70,86 %1,31
    1 000 à 3 499 hab.52,16 %1,57
    3 500 à 9 999 hab.22,98 %2,18
    10 000 à 29 999 hab.4,68 %3,31
    30 000 à 99 999 hab.0,00 %5,2
    100 000 hab. et plus0,00 %7,98

    Le croisement des deux tableaux donne un résultat frappant. Les communes de moins de 500 habitants affichent la meilleure participation du pays, 66,45 %, et le plus fort taux de liste unique, 81,85 %. À l’autre bout, aucune commune de plus de 30 000 habitants n’a de liste unique, avec 5,2 listes en moyenne et jusqu’à 7,98 au-dessus de 100 000 habitants, mais c’est là qu’on vote le moins.

    Formulé brutalement : les Français qui votent le plus sont ceux qui ont le moins le choix.

    La formule est juste au niveau agrégé, et elle est trompeuse si l’on s’arrête là. La section suivante explique pourquoi.

    Ce que « liste unique » veut dire, et ne veut pas dire

    Une liste unique n’est pas une élection sans enjeu. Les électeurs peuvent ne pas la porter au niveau requis, et le taux de participation reste un signal politique parfaitement lisible pour l’équipe qui se présente. Par ailleurs, 25 communes de notre jeu ne portent aucune liste enregistrée : il s’agit d’une donnée manquante, pas d’une absence de candidat. Nous les comptons au dénominateur sans les compter comme listes uniques, ce qui rend notre 67,89 % légèrement conservateur.

    Ce que le paradoxe cache vraiment

    Comparer les petites communes aux grandes mélange deux effets : celui de la taille et celui de la concurrence. Pour les séparer, il faut comparer, à taille égale, les communes à liste unique et celles où plusieurs listes s’affrontaient.

    Taille de la communeUne seule listePlusieurs listesÉcart
    moins de 500 hab.62,57 %80,65 %+18,08 pts
    500 à 999 hab.56,91 %73,89 %+16,98 pts
    1 000 à 3 499 hab.51,86 %67,03 %+15,17 pts
    3 500 à 9 999 hab.45,73 %60,74 %+15,01 pts
    10 000 hab. et plus41,68 %53,73 %+12,05 pts

    Le résultat est sans ambiguïté et vaut dans chacune des strates : là où il y a compétition, on vote nettement plus. L’écart va de 12,05 points dans les communes de 10 000 habitants et plus à 18,08 points dans celles de moins de 500 habitants.

    Ce tableau retourne la lecture naïve du paradoxe. Les petites communes ne votent pas beaucoup parce que l’offre y est restreinte : elles votent beaucoup malgré cela. Quand une petite commune connaît une vraie compétition, sa participation atteint 80,65 %, le plus haut niveau observé dans l’ensemble de nos données, tous types de communes confondus.

    Autrement dit, les deux forces jouent en sens contraire et se compensent partiellement dans les agrégats :

    • La proximité pousse la participation vers le haut dans les petites communes.
    • L’absence de concurrence la tire vers le bas, dans ces mêmes communes, d’environ dix-huit points.

    Le taux de 66,45 % observé sous 500 habitants est donc le solde de ces deux effets. Sans le déficit de concurrence, il serait sensiblement plus élevé. C’est une lecture que seule une base couvrant toutes les communes, avec leur population et leurs listes, permet d’établir.

    Une réserve de méthode s’impose : il s’agit d’une association, pas d’une relation causale démontrée. Les communes qui voient émerger plusieurs listes sont peut-être aussi celles où la vie civique est déjà plus intense, où un conflit local mobilise, ou dont la démographie est plus dynamique. La concurrence électorale et la participation partagent probablement des causes communes. Ce que nos données établissent solidement, c’est que les deux vont ensemble, systématiquement, à toutes les tailles de commune.

    La réforme du mode de scrutin

    Les municipales de 2026 sont les premières à s’être déroulées sous un mode de scrutin unifié. La loi du 21 mai 2025 a étendu à toutes les communes le scrutin de liste paritaire à deux tours, jusque-là réservé aux communes de 1 000 habitants et plus [2] [3].

    Trois changements concrets pour les communes de moins de 1 000 habitants :

    • Fin du panachage. Les électeurs ne peuvent plus rayer ou ajouter des noms sur un bulletin. On vote pour une liste, telle qu’elle a été déposée [4].
    • Fin des candidatures isolées. Se présenter suppose désormais de constituer une liste complète et de la déposer en préfecture [5].
    • Parité obligatoire. Les listes doivent alterner femmes et hommes [4].

    Cette réforme éclaire directement les chiffres précédents. Là où il suffisait auparavant d’un candidat isolé pour exister sur un bulletin, il faut désormais une équipe entière. Dans une commune de 200 habitants, réunir onze conseillers qui acceptent de siéger et respecter l’alternance de genre représente un obstacle concret, particulièrement là où le vivier de volontaires est étroit. Nos 81,85 % de listes uniques sous 500 habitants sont le premier résultat mesuré de ce nouveau cadre.

    Nous nous en tenons au constat. Établir un lien de causalité entre la réforme et le taux de liste unique demanderait une comparaison à mode de scrutin constant, que le changement de règles rend précisément impossible pour cette strate. Le prochain scrutin municipal, en 2032, fournira le premier point de comparaison à cadre inchangé.

    Le second tour, exception rurale et règle urbaine

    Sur les 35 017 communes ayant voté au premier tour, 1 588 sont allées au second, soit environ une sur vingt-deux. Là encore, la moyenne cache tout.

    La part des communes allant au second tour passe de 0,60 % sous 500 habitants à 90,48 % au-dessus de 100 000 habitants. Dans les villages, le premier tour tranche presque toujours. Dans les grandes villes, il ne tranche presque jamais.

    La mécanique est directe. Emporter la mairie au premier tour suppose la majorité absolue des suffrages exprimés. Avec une seule liste en lice, ce seuil est franchi dans la quasi-totalité des cas. Avec près de huit listes en moyenne dans les communes de plus de 100 000 habitants, il devient l’exception. Le taux de second tour est ainsi moins un indicateur d’indécision qu’un miroir direct du nombre de listes en présence.

    La participation au second tour, 57,43 % au niveau national, mérite d’être soulignée : elle est légèrement supérieure à celle du premier tour. C’est cohérent avec tout ce qui précède. Les communes qui vont au second tour sont, par construction, celles où la compétition est la plus vive, et la compétition mobilise.

    La géographie de la participation

    À la dimension démographique s’ajoute une dimension géographique, d’ampleur comparable. En ne retenant que les départements de plus de 50 000 inscrits, pour éviter que des territoires minuscules ne monopolisent les extrêmes, l’écart entre le premier et le dernier atteint vingt-quatre points.

    DépartementCommunesParticipation 1er tour
    Cantal (15)24971,02 %
    Mayotte (976)1770,36 %
    Lozère (48)15169,87 %
    Corse-du-Sud (2A)12469,38 %
    Haute-Corse (2B)23668,63 %
    Val-de-Marne (94)4750,75 %
    Val-d’Oise (95)18350,10 %
    Guyane (973)2248,61 %
    Martinique (972)3447,79 %
    Seine-Saint-Denis (93)3946,73 %

    Le haut du classement est occupé par des départements ruraux et insulaires : Cantal, Lozère, les deux départements corses. La structure communale y explique une bonne part du résultat, puisque ce sont des territoires composés de très nombreuses petites communes, précisément la strate qui vote le plus. Mayotte fait figure d’exception dans ce groupe, avec seulement 17 communes de taille bien supérieure.

    Le bas du classement mêle deux réalités distinctes : la petite couronne parisienne (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis) et les départements d’outre-mer antillais et guyanais. Dans le premier cas, on retrouve l’effet taille combiné à une forte mobilité résidentielle. Dans le second, la faible participation municipale s’inscrit dans une abstention structurellement élevée à tous les scrutins.

    Ces écarts ne se lisent pas comme un classement de civisme. Ils reflètent d’abord la composition communale de chaque département, ensuite sa structure sociale et démographique. Comparer la Seine-Saint-Denis au Cantal sans tenir compte du fait que le second compte 249 communes contre 39 pour le premier n’aurait aucun sens.

    Comparer 2026 à 2020, avec précaution

    La comparaison avec le scrutin précédent est tentante et souvent mal faite. Voici les deux chiffres, à périmètre constant, c’est-à-dire sur les 34 559 communes présentes dans les deux scrutins :

    • Premier tour 2026 : 57,22 %
    • Premier tour 2020 : 44,72 %

    Soit 12,5 points d’écart. Ce chiffre ne décrit pas un réveil civique. Le premier tour de 2020 s’est tenu le 15 mars 2020, la veille de l’entrée en vigueur du premier confinement national. Sa participation constitue un point bas accidentel, provoqué par une situation sanitaire exceptionnelle qui a dissuadé une partie des électeurs de se déplacer.

    L’écart de 2026 mesure donc un retour à la normale depuis cet accident, et non une progression de l’engagement démocratique. Toute lecture qui présenterait ces 12,5 points comme un regain de participation serait trompeuse. Nous publions la comparaison parce qu’elle circule largement, et nous l’accompagnons de cette réserve parce qu’elle est indispensable à son interprétation.

    Précision méthodologique complémentaire : le périmètre communal diffère entre les deux millésimes, 34 915 communes en 2020 contre 35 017 en 2026, du fait des fusions et recompositions intervenues entre les deux scrutins. Seuls les chiffres à périmètre constant sont comparables, et ce sont ceux que nous donnons ici. Les taux nationaux bruts, 57,13 % et 44,90 %, portent sur des ensembles légèrement différents.

    Lire les résultats de votre commune

    Les agrégats nationaux situent le contexte ; l’information utile est locale. Pour une commune donnée, quatre lectures se complètent.

    Le score de la liste élue et sa marge. Une liste élue à 52 % avec deux points d’avance ne gouvernera pas dans les mêmes conditions qu’une liste à 78 %. La marge conditionne la capacité à porter des décisions impopulaires, et annonce le climat des six années à venir.

    La participation locale rapportée à sa strate. C’est le point le plus souvent manqué. Comparer une commune de 800 habitants à la moyenne nationale de 57,13 % n’a aucun sens ; la comparer aux 62,06 % de sa strate en a un. Une commune de 800 habitants à 58 % de participation est en réalité en dessous de ses comparables, alors qu’elle paraît au-dessus de la moyenne nationale.

    Le nombre de listes en présence. Il indique la vitalité du débat local, conditionne la probabilité d’un second tour, et comme nous l’avons montré, il est associé à un écart de participation de quinze à dix-huit points.

    Le tour où l’élection s’est jouée. Dans une commune de plus de 10 000 habitants, une victoire au premier tour est un signal fort : sur les 1 056 communes de cette taille, 568 seulement ont tranché dès le premier dimanche, soit 53,79 % en comptant chaque commune pour une. Rapporté au nombre d’électeurs, ce taux tombe à environ 39,7 %, parce que les plus grandes villes vont presque toutes au second tour.

    Pour aller plus loin, notre guide comprendre et croiser les résultats des municipales 2026 détaille la méthode de lecture d’un procès-verbal communal. Les enjeux économiques commune par commune replacent le scrutin dans le contexte financier local, dette et épargne brute à l’appui.

    Une fois l’équipe installée, deux ressources prennent le relais : le bilan communal des cent premiers jours pour l’entrée en fonction, et les indicateurs de bilan de mandat pour juger sur pièces au fil des six ans. Le guide maire et indicateurs communaux propose une méthode de lecture croisée.

    D’où viennent ces chiffres

    Un guide qui avance des chiffres doit dire comment il les fabrique. Voici la chaîne complète, du fichier source au tableau publié.

    La source. Les résultats communaux proviennent du jeu de données public du ministère de l’Intérieur diffusé sur data.gouv.fr [6], importé dans notre base pour les deux tours de 2026 comme pour le scrutin de 2020. Chaque ligne porte le code officiel de la commune, le tour, la date du scrutin, le nombre d’inscrits, de votants et d’exprimés, ainsi que le détail des listes en présence. Nous ne retraitons pas ces valeurs : elles sont reprises telles que publiées.

    Le croisement. La population de chaque commune vient de notre référentiel territorial, alimenté par les populations légales de l’INSEE. C’est ce croisement, entre résultats électoraux et population, qui produit les strates de ce guide. Il explique aussi pourquoi nos tableaux par strate portent sur 34 880 communes et non sur 35 017 : les communes dont la population n’est pas renseignée dans le référentiel sortent du découpage, tout en restant comptées dans les totaux nationaux.

    Les agrégats. Participation pondérée par les inscrits, part des communes à liste unique, part allant au second tour, comparaison à périmètre constant avec 2020, extrêmes départementaux : tous sont calculés par des requêtes SQL documentées, capturées dans un instantané daté et versionné avec le code. Cet instantané contient le SQL exact ayant produit chaque ligne.

    La reproductibilité. N’importe qui disposant du dépôt peut régénérer l’intégralité des chiffres de ce guide avec une seule commande, sans accès à notre base :

    npm run articles:context -- --dataQuery elections-municipales-2026-agregats --max-records 40

    C’est une règle interne, pas un argument de communication : une statistique que nous ne pouvons pas faire recalculer par un tiers n’est pas publiée. Elle vaut aussi pour les mises en garde. L’instantané embarque ses propres avertissements, sur la pondération des taux, sur la comparaison avec 2020 et sur la fragilité de la strate des grandes villes, et le pipeline les affiche à chaque exécution.

    La fraîcheur. Les chiffres de ce guide datent du 7 août 2026 et portent sur un scrutin clos depuis mars. Ils ne bougeront plus, à l’exception d’éventuelles corrections de la source officielle. La date de capture est inscrite dans l’instantané et rappelée en bas de page.

    Ce que ces données ne permettent pas de dire

    La rigueur d’un guide se mesure autant à ce qu’il refuse d’affirmer. Cinq limites encadrent tout ce qui précède.

    • Aucune conclusion partisane. Nos agrégats portent sur la participation et le nombre de listes, pas sur les nuances politiques des listes élues. Ils ne disent rien d’un éventuel basculement national.
    • Aucune causalité établie avec la réforme. Le taux de liste unique est mesuré sous le nouveau régime, sans point de comparaison à règles identiques pour les communes de moins de 1 000 habitants.
    • Concurrence et participation sont associées, pas causalement liées. L’écart de quinze à dix-huit points est robuste et vaut dans toutes les strates, mais les deux phénomènes partagent probablement des causes communes.
    • La strate des grandes villes est fragile. Quarante-deux communes ne constituent pas un échantillon robuste ; sa remontée à 54,83 % est signalée, pas érigée en règle.
    • Les données manquantes existent et sont signalées. 25 communes sans liste enregistrée, des écarts de périmètre entre millésimes, tous rendus visibles plutôt que lissés.

    FAQ sur les élections municipales 2026

    Quel a été le taux de participation aux municipales 2026 ?

    La participation au premier tour du 15 mars 2026 s’établit à 57,13 % dans nos calculs sur l’ensemble des communes, un chiffre cohérent avec les 57,1 % publiés par le ministère de l’Intérieur. Le second tour du 22 mars affiche 57,43 % dans les 1 588 communes concernées, soit un niveau légèrement supérieur au premier tour.

    Pourquoi vote-t-on davantage dans les petites communes ?

    La participation passe de 66,45 % dans les communes de moins de 500 habitants à 51,47 % dans celles de 30 000 à 99 999 habitants. La proximité explique l’essentiel : dans un village, les candidats sont connus personnellement et l’effet des décisions municipales est directement visible. Les communes de plus de 100 000 habitants font exception et remontent à 54,83 %, mais elles ne sont que 42, ce qui rend cette moyenne fragile.

    Combien de communes n’avaient qu’une seule liste en 2026 ?

    23 679 communes sur 34 880, soit 67,89 %, ne présentaient qu’une liste au premier tour. La proportion atteint 81,85 % sous 500 habitants et tombe à zéro au-dessus de 30 000 habitants. Constituer une liste complète et paritaire est devenu l’obstacle principal dans les très petites communes.

    La concurrence entre listes fait-elle monter la participation ?

    Oui, et l’écart est important. À taille de commune égale, les communes où plusieurs listes s’affrontaient affichent une participation supérieure de 12,05 à 18,08 points à celles qui n’avaient qu’une liste. Dans les communes de moins de 500 habitants, la participation atteint 80,65 % en cas de compétition, contre 62,57 % en liste unique. Il s’agit d’une association constante dans toutes les strates, pas d’une causalité démontrée.

    Qu’est-ce qui a changé dans le mode de scrutin en 2026 ?

    La loi du 21 mai 2025 a étendu à toutes les communes le scrutin de liste paritaire à deux tours. Pour les communes de moins de 1 000 habitants, cela signifie la fin du panachage, la fin des candidatures isolées et l’obligation d’alterner femmes et hommes sur les listes. Les municipales de mars 2026 sont le premier scrutin organisé sous ce régime unifié.

    La participation de 2026 est-elle meilleure qu’en 2020 ?

    À périmètre constant, 57,22 % en 2026 contre 44,72 % en 2020, soit 12,5 points d’écart. Cette comparaison doit être maniée avec prudence : le premier tour de 2020 s’est tenu la veille du premier confinement, ce qui en fait un point bas exceptionnel. L’écart traduit un retour à la normale, pas une progression de l’engagement démocratique.

    Quels départements ont le plus voté aux municipales 2026 ?

    Parmi les départements de plus de 50 000 inscrits, Cantal arrive en tête avec 71,02 %, devant Mayotte (70,36 %) et Lozère (69,87 %). À l’autre extrémité, Seine-Saint-Denis enregistre 46,73 %. Ces écarts reflètent surtout la composition communale de chaque département, les territoires composés de nombreuses petites communes votant davantage.

    Pourquoi si peu de communes vont-elles au second tour ?

    Environ une commune sur vingt-deux seulement, 1 588 sur 35 017. Emporter la mairie au premier tour suppose la majorité absolue des suffrages exprimés, seuil facilement franchi quand une seule liste se présente. La part allant au second tour passe ainsi de 0,60 % sous 500 habitants à 90,48 % au-dessus de 100 000 habitants.

    Références

    1. Ministère de l’Intérieur, bilan chiffré du premier et du second tour des élections municipales et communautaires 2026 : interieur.gouv.fr
    2. Ministère de l’Intérieur, le mode de scrutin change pour les communes de moins de 1 000 habitants : interieur.gouv.fr
    3. Gouvernement, un nouveau mode de scrutin dans les petites communes : info.gouv.fr
    4. Association des maires de France, liste paritaire et fin du panachage : amf.asso.fr
    5. Sénat, exposé des motifs de la proposition de loi relative au scrutin de liste paritaire aux élections municipales : senat.fr
    6. Résultats communaux du premier tour des municipales 2026, jeu de données public du ministère de l’Intérieur repris dans notre base : data.gouv.fr

    Chiffres DataRespublica calculés le 7 août 2026 sur l’intégralité des résultats communaux des municipales 2026 et 2020, croisés avec la population légale de chaque commune. Reproductibles par npm run articles:context -- --dataQuery elections-municipales-2026-agregats --max-records 40.

    Utiliser ces données dans vos outils

    Pour la méthode détaillée par secteur, voir notre hub Intelligence Territoriale. L'API DataRespublica fournit les scores et données pour les 35 000 communes.

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