Recettes et dépenses publiques en France : guide 2025
En 2025, les administrations publiques françaises (État, sécurité sociale, collectivités locales) ont encaissé 1 561,7 milliards d'euros de recettes et dépensé 1 714,2 milliards, soit un déficit de 152,5 milliards (5,1 % du PIB) [1]. Ce guide explique d'où viennent ces recettes, où elles sont absorbées, et comment relier cette photographie nationale aux finances locales que vous pouvez consulter commune par commune.
Les agrégats 2025 en un coup d'œil
Les comptes provisoires des administrations publiques (INSEE, mai 2026) résument l'année 2025 ainsi [1] :
| Agrégat | Montant 2025 | % du PIB |
|---|---|---|
| Recettes | 1 561,7 Md€ | 52,2 % |
| Dépenses | 1 714,2 Md€ | 57,3 % |
| Déficit | 152,5 Md€ | 5,1 % |
En 2024, le déficit s'établissait à 168,6 Md€ (5,8 % du PIB) pour 1 501,6 Md€ de recettes et 1 670,2 Md€ de dépenses [2]. La légère amélioration du solde en 2025 reste très éloignée du seuil de 3 % fixé par les critères de Maastricht.
D'où viennent les recettes publiques
Les recettes se répartissent en six grands blocs, selon la nomenclature INSEE des administrations publiques [1] :
- Prélèvements sur les sociétés (519 Md€) : cotisations employeurs (338 Md€), impôt sur les sociétés (71 Md€), autres impôts sur la production.
- Prélèvements sur le revenu des ménages (366 Md€) : CSG et CRDS (165 Md€), impôt sur le revenu (93 Md€), cotisations salariés (108 Md€).
- Prélèvements sur la consommation (322 Md€) : la TVA à elle seule représente 259 Md€, soit le premier impôt indirect.
- Prélèvements sur le capital (94 Md€), recettes non fiscales (154 Md€) et autres recettes (107 Md€).
La pression fiscale et sociale française reste parmi les plus élevées de l'OCDE : plus de la moitié du PIB transite par les administrations publiques en recettes, avant même de financer les dépenses. Le bloc « prélèvements sur les sociétés » pèse davantage que la TVA prise isolément, ce qui illustre le poids des cotisations sociales patronales dans le financement de la protection sociale [1].
Où vont les dépenses publiques
La protection sociale domine le budget : 771 Md€ en 2025 (25,8 % du PIB), dont 448 Md€ pour les retraites et 258 Md€ pour la santé [1]. Viennent ensuite :
- Enseignement : 153 Md€
- Soutien à l'économie (transports, énergie, autres branches) : 149 Md€
- Sécurité (défense et ordre intérieur) : 109 Md€
- Services généraux : 105 Md€
- Charge d'intérêts de la dette : 64,7 Md€, en hausse structurelle
Cette ventilation est pédagogique : l'INSEE publie les agrégats officiels ; le détail par fonction COFOG complet pour 2025 n'est pas encore disponible au moment de la rédaction. Le diagramme interactif reprend ces blocs avec bascule 2024/2025. La charge d'intérêts (64,7 Md€) a fortement progressé depuis 2022 avec la remontée des taux : elle pèse désormais autant que l'enseignement primaire et secondaire réunis, un signal de la dérive structurelle de la dette [1].
Déficit national et finances locales
Le déficit public agrège l'État, la sécurité sociale et les collectivités territoriales. Les finances locales (communes, intercommunalités, départements, régions) ne représentent qu'une fraction des 1 714 Md€ de dépenses, mais c'est l'échelon que les citoyens perçoivent le plus directement via la taxe foncière, les services de proximité et la dette communale.
À l'échelle locale, la dette par habitant varie fortement : dans le classement DataRespublica (OFGL, juillet 2026), Bourg-Saint-Maurice affiche 8 311 €/hab (1er rang national), suivi de Porto-Vecchio (5 745 €) et de Paris (4 989 €, 3e rang). Ces chiffres ne se comparent pas directement aux agrégats nationaux, mais ils montrent que la soutenabilité budgétaire se joue aussi territoire par territoire. Voir le guide des finances publiques locales et le classement communes les plus endettées.
Explorer les données interactivement
La page Finances publiques de la France propose :
- Un diagramme de flux recettes → déficit → dépenses, avec sélecteur 2024/2025.
- L'évolution du déficit et de la dette de 2017 aux prévisions 2030.
- Des comparaisons internationales (France, Allemagne, moyenne UE).
Les données sont exportables en CSV depuis l'onglet « Données ». Sources : INSEE (comptes des administrations publiques), Eurostat, OFCE.
Questions fréquentes
Quelle est la principale recette de l'État en 2025 ?
La TVA (259 Md€) est le premier impôt indirect. Mais le bloc « prélèvements sur les sociétés » (519 Md€, dont cotisations employeurs) est le plus volumineux au sens large [1].
La protection sociale est-elle vraiment le premier poste de dépense ?
Oui : 771 Md€ en 2025, soit près de 45 % des dépenses publiques totales. Les retraites (448 Md€) et la santé (258 Md€) en constituent l'essentiel [1].
Quelle différence entre déficit et dette ?
Le déficit est le déséquilibre annuel (152,5 Md€ en 2025). La dette est le stock cumulé : 3 460,5 Md€ fin 2025, soit 115,6 % du PIB [1]. Un déficit récurrent alimente la dette et gonfle la charge d'intérêts.
Comment passer du national au local ?
Consultez la fiche de votre commune (dette/hab, épargne brute, fiscalité OFGL) et comparez au département. Le guide finances publiques locales détaille la méthode.
Références
- INSEE, compte provisoire des administrations publiques 2025 (Première n°2106)
- INSEE, compte des administrations publiques 2024 (Première n°2054)
- INSEE, comptes des administrations publiques (série longue)
Classement dette/hab : DataRespublica (OFGL, juillet 2026). Agrégats nationaux : INSEE comptes APU 2024-2025.